mercredi 20 juillet 2016

Côte Ouest

Samedi 16 juillet: Antsirabe --> Morondava.
Nous empruntons une seconde fois notre chère RN34 qui nous offre un spectacle naturel de chaque minute. De longues heures de voiture, en musique et dans la bonne humeur, qui nous ont petit à petit rapprochées de l'ouest et de la chaleur côtière...
Au revoir - Nostalgie - Souvenirs - Départ - Joie - Promesses - Hâte - Nouveauté - Soleil - Iode - Chaleur - Rires - Ambiance - Bref, le commencement d'un beau voyage! 

Dimanche 17 juillet: Morondava --> Bekopaka. Heureusement que nous avons un 4x4 pour cette portion de trajet sur une route cabossée et poussiéreuse comme vous n'avez pas idée...c'est notre aventure en brousse qui débute! 
Secousse - Poussière - Safari - Poussière - Sauvage - Poussière - Saleté - Poussière - Cross - lesroutesvaudoisesnesontpassimauvaises - Poussière - Anarchie - Poussière - Course - Poussière - Rivière - Poussière - Récompense - Coucher de soleil - Rhum - Bref, l'aventure est au RDV et on aime ça!


Lundi 18 juillet: en pirogue sur la rivière Manambolo le matin:
Plongeon dans l'histoire et les légendes de la région avec notre guide Gilbert De La Montagne. 
Tranquillité - Immensité - Remparts - Eau - Reflets - Crocodile - Nature - Pocahontas - Grottes - Stalactites - Paillettes - Beauté - Magie - Bref, un moment ressourçant par son côté paisible et isolé du temps...
Tsingy de Bemaraha l'après-midi: arnachées avec baudrier et mousquetons, nous avons crapahuté pendant des heures dans la forêt de pierre pour admirer une vue à couper le souffle au sommet... 
Forêt - Ombre - Fraîcheur - Escalade - Hauteur - Roche - Via Ferrata - Ciel - Cathédrale - Étourdissement - Grâce - Émotion - Respect - Grandeur - Majesté - Humilité - Bref, un lieu somptueux habité par une atmosphère mystérieuse... 

Mardi 19 juillet: Bekopaka --> Morondava. Sur le trajet du retour, arrêt pour admirer le Baobab Sacré et les Baobabs amoureux. Entourées de touristes, nous admirons une nouvelle fois avec plaisir le coucher de soleil a l'Allée des Baobabs. 
Retour - Poussière (encore) - Géants à branches - Ancêtres - Énergie - Force - Circularité - Respect - Prière - Vœux - Enlacés - Enfants - Sourires - Bonbons - Fruit de Baobab - Soleil - Spectacle - Apogée - Business - Touristes - Bref, une rencontre merveilleuse avec ces arbres majestueux...

Mercredi 20 juillet: Morondava --> Antsirabe. On ne vous raconte plus nos trajets sur la RN34, vous comm cru à la connaître... Nuit au Royal Palace d'Antsirabe! 

mardi 19 juillet 2016

Avis à la population

Chers amis, famille, lectures inconnus,
Arrivées vendredi au terme de notre stage, notre dernière semaine fut des plus chargées puisque nous avons été rattrapées par la masse de choses qui nous restait à faire avant le grand départ pour de nouveau rebondissements... 
Par conséquent, vous l'aurez certainement remarqué...on a pas posté grand chose, si ce n'est absolument rien, nada. Promis, on va faire de notre mieux pour vous raconter nos deux dernières semaines de stage à santé plus (un plan d'action à deja été monté)! Quant à ces 15 prochains jour d'aventure touristique et voyageuse, vous risquez de devoir attendre de nous avoir en chair et en os devant vous (on espère...haha, un peu d'humour noir) pour avoir nos récits en live! Mais...restez aux aguets, des petites surprises pourraient éventuellement se faufiler par ci par là. 
À tout bientot et en attendant, l'île rouge vous salue! 

jeudi 7 juillet 2016

Escapade à Isalo

Le vendredi 1er juillet (pile un mois avant notre retour en Suisse!!! Aaaaaaaaah !!!), nous avons une nouvelle fois embarqué à 6 dans le bus conduit par notre désormais fidèle chauffeur Herizo en direction du sud de Madagascar mais en restant cette fois dans les Hautes Terres. Notre but: le massif de l'Isalo. 
Pour y arriver (environ 12 heures de trajet, compte tenu de l'état des routes...), nous avons traversé Ambositra, Fianarantsoa puis Ambalavao. Là, nous avons passé la nuit de vendredi à samedi dans un petit hôtel tenu par une petite grand-mère française bien sympathique qui nous a tapé la petite discut' en bonne et due forme, de long en large et en travers. L'endroit nous a offert un joli avant-goût de l'Isalo grâce à un panorama magnifique qui mettait en scène des montagnes éclairées de la lumière du soleil couchant allant de tons rouges flamboyants, ocre et paprika à l'indigo en passant par des panels de lilas et de fuchsia (dictionnaire des coloris: spécial Caro). Petite soirée tranquille avec jeu de carte et bière pour décompresser des longues heures de route de la journée...
Samedi matin, nous avons avalé les derniers kilomètres nous séparant du massif de l'Isalo avant midi. Nous avons rejoint notre guide, un dénommé Daddy (daddy, daddy cooooool) qui nous a accompagné durant la randonnée en nous commentant les différents lieux, faune et flore de la réserve naturelle. Nous avons découvert des plantes médicinales, des tombeaux de l'éthnie Bara (que l'on ne doit pas montrer du doigt mais du poing!), des caméléons, des phasmes, des lémuriens, toutes sortes d'énoooooooormes araignées (Team lopette Agnès représente), des oiseaux du paradis, des cascades et des piscines naturelles. 
Nous allons de surprise en surprise plus nous progressons dans le parc en passant d'un décor montagneux avec des canyons dignes d'Arizona, à une plaine presque aride, à un oasis de verdure  parsemé de sable et abritant une piscine naturelle. C'est dans cette dernière que nous avons fait notre première pause pour manger un picnic, profiter de se baigner et jouer les naïades. 
Nous avons ensuite repris la marche pour rejoindre notre campement dans la forêt où nous attendait le reste de l'équipe de Daddy, à savoir un cuisinier, Rossi, et un porteur. Nos tentes étaient déjà montées et nous avons directement filé à la rivière pour nous rafraichir une nouvelle fois et reposer nos muscles dans l'eau gelée! Servies comme des princesses, nous avons ensuite dégusté la cuisine de Rossi, faite au feu de bois sur place et simplement succulente! Nous avons eu droit à un menu composé d'une entrée, d'un plat et d'un dessert, le tout accompagné de rhum arrangé à la malgache saveur Ananas-Gingembre. Souper aux chandelles convivial dans un cadre apaisant rythmé par les bruits de la nature et les crépitements du feu et couronné par la lueur des milliards d'étoiles scintillant au-dessus de nos têtes...

Après une nuit reposante, comme peut l'être un nuit de camping, nous nous sommes levées de bonne heure pour déjeuner et attendre les lémuriens qui vivent en groupe aux alentours et pointent généralement le bout de leur nez, attirés par la nourriture des bivouaqueurs. Frileux, ils attendront que le soleil réchauffe un peu les lieux pour daigner récompenser notre attente. C'est en milieu de matinée qu'est arrivé un lémurien à tête rousse, tout seul car certainement égaré d'après notre guide. Après quelques photos et la confirmation qu'il n'était pas suivi par les autres membres de son groupe, nous avons pris la décision de nous mettre en route pour aller visiter le fond d'un canyon et d'autres piscines naturelles. 
C'est sur les premiers mètres du chemin que nous tombons nez à nez avec une procession de lémurs catta, le fameux lémurien noir et blanc avec la queue rayée ("I like to move it, move it" vous vous souvenez, ça y est?). Un petit remontant bienvenu pour attaquer les quelques heures de treck qui nous attendaient encore! Revigorées par cette belle surprise que nous n'attendions plus, nous avons alors progressivement quitté la forêt pour nous retrouver dans un décor irréel digne du film Pirate des Caraïbes...amazing! Un couloir de sable, ruisseaux, palmiers, rochers-escaliers nous a mené jusqu'aux gouilles nommés Piscine Bleue (parce qu'elle est bleue) et Piscine Noire (parce qu'elle est noire. Si, si.). Sur les 6, nous avons été les deux seules à tenter la baignade dans ces eaux froides et profondes, cachées du soleil par les parois du canyon. Un crochet par la cascade des Nymphes a clôturé en beauté cette randonnée avant notre retour au campement. 
Après un repas cuisiné par Rossi again (barbecue de Zébu de derrière les fagots), nous avons rejoint la voiture et repris la route pour faire le trajet en sens inverse en direction de l'hôtel de notre chère et tendre petite grand-mère. Nous y avons passé la nuit de dimanche à lundi avant d'entamer notre dernière journée du week-end bien chargée de la visite du parc d'Anja situé proche d'Ambalavao et de la rentrée sur Antsirabe. 
Le parc d'Anja est un lieu qui promeut le tourisme villageois, un concept impliquant les habitants du coin dans la maintien du parc en leur offrant un emploi. Certains travaillent en tant que guide pour emmener les touristes découvrir les lieux, d'autres sont pisteurs et précèdent les groupes pour repérer les animaux, d'autres encore assurent une restauration ou le côté administratif... Nous sommes arrivées aux portes de la réserve aux alentours des 8h dans un brouillard épais, humide et bas qui donnait une atmosphère unique au décor marécageux environnant. Loin d'être déçues de ne pas pouvoir admirer la vue comme les guides l'auraient voulu, nous avons savouré cette ambiance qui restera dans nos mémoires comme un moment un peu suspendu hors du temps. 
Nous avons crapahuté au milieu d'une forêt particulière par sa flore qui comptait autant des feuillus que des cactus mais aussi des plantes inconnues pour nous, des lianes, des orchidées (malheureusement en fleur un seul mois par année: novembre)... Nous avons escaladé des rocs, plats à leur sommet et recouvert d'une végétation aux allures de fonds marins, passé sous des grottes où des vestiges de zébus côtoient des tombeaux humains, slalomé entre des troncs d'arbre enlacé les uns aux autres pour finir par sortir dans un décor de campagne peuplé par quelques lémur catta et soudainement éclairé par le soleil.  
Après cette parenthèse enchantée, nous avons rejoint notre deuxième maison: le van, pour tracer la route direction Antsirabe, les yeux rempli de paillettes et la tête de souvenirs! 

Toujours plus loin, toujours plus haut, toujours plus fort, à bientôt pour de nouvelles aventures! 

Depuis chez la grand-mère Ambalavao

Massif de l'Isalo

Piscine naturelle n°1 

Un maki

Au fond du Canyon












mercredi 6 juillet 2016

CSB II Fandresena

Nous avons poursuivi avec notre 4ème semaine de stage au centre médical Fandresena, notre port d'attache, situé à quelques mètres de notre logement. Celui-ci correspond à un CSB (Centre de Santé de Base) de niveau II. Ce qu'il faut savoir, c'est qu'à Madagascar, il existe plusieurs structures de soins différentes qui peuvent répondre aux besoins de santé de la population.
Tout d'abord, il y a les CSB I, situés principalement dans les milieux ruraux à distance des villes, qui sont gérés par une infirmière ou une sage-femme. Ces dernières assument leur rôle et remplissent comme elles peuvent celui du médecin qui n'est pas présent dans ce type de structure. D'ou le fait que les infirmières et les sages-femmes reçoivent ensemble une formation très large et polyvalente qui leur permet ensuite de faire face à une palette de situations différentes (par exemple, une infirmière Malgache peut pratiquer des accouchements seule de A à Z, ce qui n'est pas le cas en Suisse).
Les CSB II se distinguent des CSB I précisément par les professionnels qui y travaillent, puisque dans ce niveau de structure, c'est un médecin qui est responsable du centre.
Au niveau des districts, on peut trouver encore les CHD (Centre Hospitalier de District) qui précèdent les CHRR (Centre Hospitalier Régional de Référence). Ces derniers sont situés dans les chefs-lieux des différentes provinces de l'île et prennent en charge les patients que les CHD ne sont pas en mesure de soigner. Pour terminer, Madagascar compte des CHU, notamment dans la capitale d'Antananarivo.
Dans cette organisation, les patients passent donc d'une structure à une autre lorsque les professionnels décident de les référer plus haut dans la hiérarchie des soins et que les moyens financiers et matériels le permettent. Pour quelques petites infos supplémentaires en vrac: Certains services de soins n'existent que dans les CHU comme par exemple la dialyse ou la neurologie. Les EMS ne sont que peu développés du fait que l'espérance de vie est très basse et que la plupart du temps, c'est la famille qui prend soin de la personne jusqu'à son décès. Concernant la santé mentale, nous sommes peu informées mais avons constaté qu'il n'y a pas de service spécialisé permettant des hospitalisations psychiatriques au CHRR d'Antsirabe, si ce n'est un cabinet de consultation qui peut ensuite référer le patient à Tana.
Mais revenons à Fandresena où nous avons passé 4 jours de stage en dehors des accouchements auxquels nous avons pu assister (voir l'article correspondant). Le centre comprend 6 pièces: la salle de consultation médicale, la salle d'accouchement et de soins, la salle d'accueil, la salle de pré-travail et de garde, la pharmacie et la salle de préparation/rangement/stérilisation. En dehors des consultations pré- et post- natales, des accouchements, des vaccinations, du planning familial et des divers rendez-vous, le centre répond aux besoins de santé de la population du quartier et environnante entre 8h30 et 16h. Deux médecins se partagent les consultations à raison d'une semaine sur deux chacune. Elles travaillent uniquement le matin et collaborent avec l'aide soignante, la sage-femme et l'infirmière en fonction de qui est présente dans le centre ce jour-là.
Lorsqu'un patient arrive à Fandresena, il suit à chaque fois la même trajectoire: après être passé en salle d'accueil pour la prise des paramètres vitaux, il rencontre la doctoresse en salle de consultation qui décide alors de la suite de la prise en charge. Trois possibilités s'offrent alors au malade qui sera soit référé, soit soigné sur place en ambulatoire, soit dirigé directement vers la pharmacie pour payer et emporter les médicaments nécessaires à son rétablissement.
Nous avons donc eu l'occasion de voir et d'effectuer divers soins sur des patients âgés de quelques jours à quelques...années! Pansements de pied, de césarienne, de brûlure ou d'ombilic, pesée, injections, prise de paramètres ont ponctués nos journées. Nous avons également eu la chance de suivre des consultations médicales que la doctoresse nous traduisait et expliquait ensuite en français.
Nous en sommes ressorties avec nos petits carnets toujours plus remplis de notes, des questionnements et des connaissances enrichies non-seulement sur certaines pathologies mais aussi sur la culture, la prise en charge, les traitements et les déterminants de la santé Malagasy.
Arrivées aux deux tiers de notre parcours de stage, nous prenons une nouvelle fois un peu de recul et sommes fières de nous rendre compte que nous avons déjà rempli la plupart de nos objectifs de stage personnels respectifs. Nous nous sentons de plus en plus à l'aise dans l'environnement dans lequel nous évoluons et avec les patients et professionnels que nous côtoyons. Encore une fois, nous pouvons dire qu'être en binôme est une force incroyable qui nous permet de debriefer après chaque soin ou intervention menés. Nous réfléchissons chaque geste en fonction de notre déontologie, des critères de qualité, de l'éthique, de nos valeurs et de nos compétences et limites.

Ah et au fait, pour la petite anecdote: Fandresena en Malagasy signifie Victoire... joli, non? En tous les cas, pour nous, ce mot est plein de sens!!!