Le vendredi 1er juillet (pile un mois avant notre retour en Suisse!!! Aaaaaaaaah !!!), nous avons une nouvelle fois embarqué à 6 dans le bus conduit par notre désormais fidèle chauffeur Herizo en direction du sud de Madagascar mais en restant cette fois dans les Hautes Terres. Notre but: le massif de l'Isalo.
Pour y arriver (environ 12 heures de trajet, compte tenu de l'état des routes...), nous avons traversé Ambositra, Fianarantsoa puis Ambalavao. Là, nous avons passé la nuit de vendredi à samedi dans un petit hôtel tenu par une petite grand-mère française bien sympathique qui nous a tapé la petite discut' en bonne et due forme, de long en large et en travers. L'endroit nous a offert un joli avant-goût de l'Isalo grâce à un panorama magnifique qui mettait en scène des montagnes éclairées de la lumière du soleil couchant allant de tons rouges flamboyants, ocre et paprika à l'indigo en passant par des panels de lilas et de fuchsia (dictionnaire des coloris: spécial Caro). Petite soirée tranquille avec jeu de carte et bière pour décompresser des longues heures de route de la journée...
Samedi matin, nous avons avalé les derniers kilomètres nous séparant du massif de l'Isalo avant midi. Nous avons rejoint notre guide, un dénommé Daddy (daddy, daddy cooooool) qui nous a accompagné durant la randonnée en nous commentant les différents lieux, faune et flore de la réserve naturelle. Nous avons découvert des plantes médicinales, des tombeaux de l'éthnie Bara (que l'on ne doit pas montrer du doigt mais du poing!), des caméléons, des phasmes, des lémuriens, toutes sortes d'énoooooooormes araignées (Team lopette Agnès représente), des oiseaux du paradis, des cascades et des piscines naturelles.
Nous allons de surprise en surprise plus nous progressons dans le parc en passant d'un décor montagneux avec des canyons dignes d'Arizona, à une plaine presque aride, à un oasis de verdure parsemé de sable et abritant une piscine naturelle. C'est dans cette dernière que nous avons fait notre première pause pour manger un picnic, profiter de se baigner et jouer les naïades.
Nous avons ensuite repris la marche pour rejoindre notre campement dans la forêt où nous attendait le reste de l'équipe de Daddy, à savoir un cuisinier, Rossi, et un porteur. Nos tentes étaient déjà montées et nous avons directement filé à la rivière pour nous rafraichir une nouvelle fois et reposer nos muscles dans l'eau gelée! Servies comme des princesses, nous avons ensuite dégusté la cuisine de Rossi, faite au feu de bois sur place et simplement succulente! Nous avons eu droit à un menu composé d'une entrée, d'un plat et d'un dessert, le tout accompagné de rhum arrangé à la malgache saveur Ananas-Gingembre. Souper aux chandelles convivial dans un cadre apaisant rythmé par les bruits de la nature et les crépitements du feu et couronné par la lueur des milliards d'étoiles scintillant au-dessus de nos têtes...
Après une nuit reposante, comme peut l'être un nuit de camping, nous nous sommes levées de bonne heure pour déjeuner et attendre les lémuriens qui vivent en groupe aux alentours et pointent généralement le bout de leur nez, attirés par la nourriture des bivouaqueurs. Frileux, ils attendront que le soleil réchauffe un peu les lieux pour daigner récompenser notre attente. C'est en milieu de matinée qu'est arrivé un lémurien à tête rousse, tout seul car certainement égaré d'après notre guide. Après quelques photos et la confirmation qu'il n'était pas suivi par les autres membres de son groupe, nous avons pris la décision de nous mettre en route pour aller visiter le fond d'un canyon et d'autres piscines naturelles.
C'est sur les premiers mètres du chemin que nous tombons nez à nez avec une procession de lémurs catta, le fameux lémurien noir et blanc avec la queue rayée ("I like to move it, move it" vous vous souvenez, ça y est?). Un petit remontant bienvenu pour attaquer les quelques heures de treck qui nous attendaient encore! Revigorées par cette belle surprise que nous n'attendions plus, nous avons alors progressivement quitté la forêt pour nous retrouver dans un décor irréel digne du film Pirate des Caraïbes...amazing! Un couloir de sable, ruisseaux, palmiers, rochers-escaliers nous a mené jusqu'aux gouilles nommés Piscine Bleue (parce qu'elle est bleue) et Piscine Noire (parce qu'elle est noire. Si, si.). Sur les 6, nous avons été les deux seules à tenter la baignade dans ces eaux froides et profondes, cachées du soleil par les parois du canyon. Un crochet par la cascade des Nymphes a clôturé en beauté cette randonnée avant notre retour au campement.
Après un repas cuisiné par Rossi again (barbecue de Zébu de derrière les fagots), nous avons rejoint la voiture et repris la route pour faire le trajet en sens inverse en direction de l'hôtel de notre chère et tendre petite grand-mère. Nous y avons passé la nuit de dimanche à lundi avant d'entamer notre dernière journée du week-end bien chargée de la visite du parc d'Anja situé proche d'Ambalavao et de la rentrée sur Antsirabe.
Le parc d'Anja est un lieu qui promeut le tourisme villageois, un concept impliquant les habitants du coin dans la maintien du parc en leur offrant un emploi. Certains travaillent en tant que guide pour emmener les touristes découvrir les lieux, d'autres sont pisteurs et précèdent les groupes pour repérer les animaux, d'autres encore assurent une restauration ou le côté administratif... Nous sommes arrivées aux portes de la réserve aux alentours des 8h dans un brouillard épais, humide et bas qui donnait une atmosphère unique au décor marécageux environnant. Loin d'être déçues de ne pas pouvoir admirer la vue comme les guides l'auraient voulu, nous avons savouré cette ambiance qui restera dans nos mémoires comme un moment un peu suspendu hors du temps.
Nous avons crapahuté au milieu d'une forêt particulière par sa flore qui comptait autant des feuillus que des cactus mais aussi des plantes inconnues pour nous, des lianes, des orchidées (malheureusement en fleur un seul mois par année: novembre)... Nous avons escaladé des rocs, plats à leur sommet et recouvert d'une végétation aux allures de fonds marins, passé sous des grottes où des vestiges de zébus côtoient des tombeaux humains, slalomé entre des troncs d'arbre enlacé les uns aux autres pour finir par sortir dans un décor de campagne peuplé par quelques lémur catta et soudainement éclairé par le soleil.
Après cette parenthèse enchantée, nous avons rejoint notre deuxième maison: le van, pour tracer la route direction Antsirabe, les yeux rempli de paillettes et la tête de souvenirs!