mercredi 20 juillet 2016

Côte Ouest

Samedi 16 juillet: Antsirabe --> Morondava.
Nous empruntons une seconde fois notre chère RN34 qui nous offre un spectacle naturel de chaque minute. De longues heures de voiture, en musique et dans la bonne humeur, qui nous ont petit à petit rapprochées de l'ouest et de la chaleur côtière...
Au revoir - Nostalgie - Souvenirs - Départ - Joie - Promesses - Hâte - Nouveauté - Soleil - Iode - Chaleur - Rires - Ambiance - Bref, le commencement d'un beau voyage! 

Dimanche 17 juillet: Morondava --> Bekopaka. Heureusement que nous avons un 4x4 pour cette portion de trajet sur une route cabossée et poussiéreuse comme vous n'avez pas idée...c'est notre aventure en brousse qui débute! 
Secousse - Poussière - Safari - Poussière - Sauvage - Poussière - Saleté - Poussière - Cross - lesroutesvaudoisesnesontpassimauvaises - Poussière - Anarchie - Poussière - Course - Poussière - Rivière - Poussière - Récompense - Coucher de soleil - Rhum - Bref, l'aventure est au RDV et on aime ça!


Lundi 18 juillet: en pirogue sur la rivière Manambolo le matin:
Plongeon dans l'histoire et les légendes de la région avec notre guide Gilbert De La Montagne. 
Tranquillité - Immensité - Remparts - Eau - Reflets - Crocodile - Nature - Pocahontas - Grottes - Stalactites - Paillettes - Beauté - Magie - Bref, un moment ressourçant par son côté paisible et isolé du temps...
Tsingy de Bemaraha l'après-midi: arnachées avec baudrier et mousquetons, nous avons crapahuté pendant des heures dans la forêt de pierre pour admirer une vue à couper le souffle au sommet... 
Forêt - Ombre - Fraîcheur - Escalade - Hauteur - Roche - Via Ferrata - Ciel - Cathédrale - Étourdissement - Grâce - Émotion - Respect - Grandeur - Majesté - Humilité - Bref, un lieu somptueux habité par une atmosphère mystérieuse... 

Mardi 19 juillet: Bekopaka --> Morondava. Sur le trajet du retour, arrêt pour admirer le Baobab Sacré et les Baobabs amoureux. Entourées de touristes, nous admirons une nouvelle fois avec plaisir le coucher de soleil a l'Allée des Baobabs. 
Retour - Poussière (encore) - Géants à branches - Ancêtres - Énergie - Force - Circularité - Respect - Prière - Vœux - Enlacés - Enfants - Sourires - Bonbons - Fruit de Baobab - Soleil - Spectacle - Apogée - Business - Touristes - Bref, une rencontre merveilleuse avec ces arbres majestueux...

Mercredi 20 juillet: Morondava --> Antsirabe. On ne vous raconte plus nos trajets sur la RN34, vous comm cru à la connaître... Nuit au Royal Palace d'Antsirabe! 

mardi 19 juillet 2016

Avis à la population

Chers amis, famille, lectures inconnus,
Arrivées vendredi au terme de notre stage, notre dernière semaine fut des plus chargées puisque nous avons été rattrapées par la masse de choses qui nous restait à faire avant le grand départ pour de nouveau rebondissements... 
Par conséquent, vous l'aurez certainement remarqué...on a pas posté grand chose, si ce n'est absolument rien, nada. Promis, on va faire de notre mieux pour vous raconter nos deux dernières semaines de stage à santé plus (un plan d'action à deja été monté)! Quant à ces 15 prochains jour d'aventure touristique et voyageuse, vous risquez de devoir attendre de nous avoir en chair et en os devant vous (on espère...haha, un peu d'humour noir) pour avoir nos récits en live! Mais...restez aux aguets, des petites surprises pourraient éventuellement se faufiler par ci par là. 
À tout bientot et en attendant, l'île rouge vous salue! 

jeudi 7 juillet 2016

Escapade à Isalo

Le vendredi 1er juillet (pile un mois avant notre retour en Suisse!!! Aaaaaaaaah !!!), nous avons une nouvelle fois embarqué à 6 dans le bus conduit par notre désormais fidèle chauffeur Herizo en direction du sud de Madagascar mais en restant cette fois dans les Hautes Terres. Notre but: le massif de l'Isalo. 
Pour y arriver (environ 12 heures de trajet, compte tenu de l'état des routes...), nous avons traversé Ambositra, Fianarantsoa puis Ambalavao. Là, nous avons passé la nuit de vendredi à samedi dans un petit hôtel tenu par une petite grand-mère française bien sympathique qui nous a tapé la petite discut' en bonne et due forme, de long en large et en travers. L'endroit nous a offert un joli avant-goût de l'Isalo grâce à un panorama magnifique qui mettait en scène des montagnes éclairées de la lumière du soleil couchant allant de tons rouges flamboyants, ocre et paprika à l'indigo en passant par des panels de lilas et de fuchsia (dictionnaire des coloris: spécial Caro). Petite soirée tranquille avec jeu de carte et bière pour décompresser des longues heures de route de la journée...
Samedi matin, nous avons avalé les derniers kilomètres nous séparant du massif de l'Isalo avant midi. Nous avons rejoint notre guide, un dénommé Daddy (daddy, daddy cooooool) qui nous a accompagné durant la randonnée en nous commentant les différents lieux, faune et flore de la réserve naturelle. Nous avons découvert des plantes médicinales, des tombeaux de l'éthnie Bara (que l'on ne doit pas montrer du doigt mais du poing!), des caméléons, des phasmes, des lémuriens, toutes sortes d'énoooooooormes araignées (Team lopette Agnès représente), des oiseaux du paradis, des cascades et des piscines naturelles. 
Nous allons de surprise en surprise plus nous progressons dans le parc en passant d'un décor montagneux avec des canyons dignes d'Arizona, à une plaine presque aride, à un oasis de verdure  parsemé de sable et abritant une piscine naturelle. C'est dans cette dernière que nous avons fait notre première pause pour manger un picnic, profiter de se baigner et jouer les naïades. 
Nous avons ensuite repris la marche pour rejoindre notre campement dans la forêt où nous attendait le reste de l'équipe de Daddy, à savoir un cuisinier, Rossi, et un porteur. Nos tentes étaient déjà montées et nous avons directement filé à la rivière pour nous rafraichir une nouvelle fois et reposer nos muscles dans l'eau gelée! Servies comme des princesses, nous avons ensuite dégusté la cuisine de Rossi, faite au feu de bois sur place et simplement succulente! Nous avons eu droit à un menu composé d'une entrée, d'un plat et d'un dessert, le tout accompagné de rhum arrangé à la malgache saveur Ananas-Gingembre. Souper aux chandelles convivial dans un cadre apaisant rythmé par les bruits de la nature et les crépitements du feu et couronné par la lueur des milliards d'étoiles scintillant au-dessus de nos têtes...

Après une nuit reposante, comme peut l'être un nuit de camping, nous nous sommes levées de bonne heure pour déjeuner et attendre les lémuriens qui vivent en groupe aux alentours et pointent généralement le bout de leur nez, attirés par la nourriture des bivouaqueurs. Frileux, ils attendront que le soleil réchauffe un peu les lieux pour daigner récompenser notre attente. C'est en milieu de matinée qu'est arrivé un lémurien à tête rousse, tout seul car certainement égaré d'après notre guide. Après quelques photos et la confirmation qu'il n'était pas suivi par les autres membres de son groupe, nous avons pris la décision de nous mettre en route pour aller visiter le fond d'un canyon et d'autres piscines naturelles. 
C'est sur les premiers mètres du chemin que nous tombons nez à nez avec une procession de lémurs catta, le fameux lémurien noir et blanc avec la queue rayée ("I like to move it, move it" vous vous souvenez, ça y est?). Un petit remontant bienvenu pour attaquer les quelques heures de treck qui nous attendaient encore! Revigorées par cette belle surprise que nous n'attendions plus, nous avons alors progressivement quitté la forêt pour nous retrouver dans un décor irréel digne du film Pirate des Caraïbes...amazing! Un couloir de sable, ruisseaux, palmiers, rochers-escaliers nous a mené jusqu'aux gouilles nommés Piscine Bleue (parce qu'elle est bleue) et Piscine Noire (parce qu'elle est noire. Si, si.). Sur les 6, nous avons été les deux seules à tenter la baignade dans ces eaux froides et profondes, cachées du soleil par les parois du canyon. Un crochet par la cascade des Nymphes a clôturé en beauté cette randonnée avant notre retour au campement. 
Après un repas cuisiné par Rossi again (barbecue de Zébu de derrière les fagots), nous avons rejoint la voiture et repris la route pour faire le trajet en sens inverse en direction de l'hôtel de notre chère et tendre petite grand-mère. Nous y avons passé la nuit de dimanche à lundi avant d'entamer notre dernière journée du week-end bien chargée de la visite du parc d'Anja situé proche d'Ambalavao et de la rentrée sur Antsirabe. 
Le parc d'Anja est un lieu qui promeut le tourisme villageois, un concept impliquant les habitants du coin dans la maintien du parc en leur offrant un emploi. Certains travaillent en tant que guide pour emmener les touristes découvrir les lieux, d'autres sont pisteurs et précèdent les groupes pour repérer les animaux, d'autres encore assurent une restauration ou le côté administratif... Nous sommes arrivées aux portes de la réserve aux alentours des 8h dans un brouillard épais, humide et bas qui donnait une atmosphère unique au décor marécageux environnant. Loin d'être déçues de ne pas pouvoir admirer la vue comme les guides l'auraient voulu, nous avons savouré cette ambiance qui restera dans nos mémoires comme un moment un peu suspendu hors du temps. 
Nous avons crapahuté au milieu d'une forêt particulière par sa flore qui comptait autant des feuillus que des cactus mais aussi des plantes inconnues pour nous, des lianes, des orchidées (malheureusement en fleur un seul mois par année: novembre)... Nous avons escaladé des rocs, plats à leur sommet et recouvert d'une végétation aux allures de fonds marins, passé sous des grottes où des vestiges de zébus côtoient des tombeaux humains, slalomé entre des troncs d'arbre enlacé les uns aux autres pour finir par sortir dans un décor de campagne peuplé par quelques lémur catta et soudainement éclairé par le soleil.  
Après cette parenthèse enchantée, nous avons rejoint notre deuxième maison: le van, pour tracer la route direction Antsirabe, les yeux rempli de paillettes et la tête de souvenirs! 

Toujours plus loin, toujours plus haut, toujours plus fort, à bientôt pour de nouvelles aventures! 

Depuis chez la grand-mère Ambalavao

Massif de l'Isalo

Piscine naturelle n°1 

Un maki

Au fond du Canyon












mercredi 6 juillet 2016

CSB II Fandresena

Nous avons poursuivi avec notre 4ème semaine de stage au centre médical Fandresena, notre port d'attache, situé à quelques mètres de notre logement. Celui-ci correspond à un CSB (Centre de Santé de Base) de niveau II. Ce qu'il faut savoir, c'est qu'à Madagascar, il existe plusieurs structures de soins différentes qui peuvent répondre aux besoins de santé de la population.
Tout d'abord, il y a les CSB I, situés principalement dans les milieux ruraux à distance des villes, qui sont gérés par une infirmière ou une sage-femme. Ces dernières assument leur rôle et remplissent comme elles peuvent celui du médecin qui n'est pas présent dans ce type de structure. D'ou le fait que les infirmières et les sages-femmes reçoivent ensemble une formation très large et polyvalente qui leur permet ensuite de faire face à une palette de situations différentes (par exemple, une infirmière Malgache peut pratiquer des accouchements seule de A à Z, ce qui n'est pas le cas en Suisse).
Les CSB II se distinguent des CSB I précisément par les professionnels qui y travaillent, puisque dans ce niveau de structure, c'est un médecin qui est responsable du centre.
Au niveau des districts, on peut trouver encore les CHD (Centre Hospitalier de District) qui précèdent les CHRR (Centre Hospitalier Régional de Référence). Ces derniers sont situés dans les chefs-lieux des différentes provinces de l'île et prennent en charge les patients que les CHD ne sont pas en mesure de soigner. Pour terminer, Madagascar compte des CHU, notamment dans la capitale d'Antananarivo.
Dans cette organisation, les patients passent donc d'une structure à une autre lorsque les professionnels décident de les référer plus haut dans la hiérarchie des soins et que les moyens financiers et matériels le permettent. Pour quelques petites infos supplémentaires en vrac: Certains services de soins n'existent que dans les CHU comme par exemple la dialyse ou la neurologie. Les EMS ne sont que peu développés du fait que l'espérance de vie est très basse et que la plupart du temps, c'est la famille qui prend soin de la personne jusqu'à son décès. Concernant la santé mentale, nous sommes peu informées mais avons constaté qu'il n'y a pas de service spécialisé permettant des hospitalisations psychiatriques au CHRR d'Antsirabe, si ce n'est un cabinet de consultation qui peut ensuite référer le patient à Tana.
Mais revenons à Fandresena où nous avons passé 4 jours de stage en dehors des accouchements auxquels nous avons pu assister (voir l'article correspondant). Le centre comprend 6 pièces: la salle de consultation médicale, la salle d'accouchement et de soins, la salle d'accueil, la salle de pré-travail et de garde, la pharmacie et la salle de préparation/rangement/stérilisation. En dehors des consultations pré- et post- natales, des accouchements, des vaccinations, du planning familial et des divers rendez-vous, le centre répond aux besoins de santé de la population du quartier et environnante entre 8h30 et 16h. Deux médecins se partagent les consultations à raison d'une semaine sur deux chacune. Elles travaillent uniquement le matin et collaborent avec l'aide soignante, la sage-femme et l'infirmière en fonction de qui est présente dans le centre ce jour-là.
Lorsqu'un patient arrive à Fandresena, il suit à chaque fois la même trajectoire: après être passé en salle d'accueil pour la prise des paramètres vitaux, il rencontre la doctoresse en salle de consultation qui décide alors de la suite de la prise en charge. Trois possibilités s'offrent alors au malade qui sera soit référé, soit soigné sur place en ambulatoire, soit dirigé directement vers la pharmacie pour payer et emporter les médicaments nécessaires à son rétablissement.
Nous avons donc eu l'occasion de voir et d'effectuer divers soins sur des patients âgés de quelques jours à quelques...années! Pansements de pied, de césarienne, de brûlure ou d'ombilic, pesée, injections, prise de paramètres ont ponctués nos journées. Nous avons également eu la chance de suivre des consultations médicales que la doctoresse nous traduisait et expliquait ensuite en français.
Nous en sommes ressorties avec nos petits carnets toujours plus remplis de notes, des questionnements et des connaissances enrichies non-seulement sur certaines pathologies mais aussi sur la culture, la prise en charge, les traitements et les déterminants de la santé Malagasy.
Arrivées aux deux tiers de notre parcours de stage, nous prenons une nouvelle fois un peu de recul et sommes fières de nous rendre compte que nous avons déjà rempli la plupart de nos objectifs de stage personnels respectifs. Nous nous sentons de plus en plus à l'aise dans l'environnement dans lequel nous évoluons et avec les patients et professionnels que nous côtoyons. Encore une fois, nous pouvons dire qu'être en binôme est une force incroyable qui nous permet de debriefer après chaque soin ou intervention menés. Nous réfléchissons chaque geste en fonction de notre déontologie, des critères de qualité, de l'éthique, de nos valeurs et de nos compétences et limites.

Ah et au fait, pour la petite anecdote: Fandresena en Malagasy signifie Victoire... joli, non? En tous les cas, pour nous, ce mot est plein de sens!!!





dimanche 26 juin 2016

5 jours aux urgences

Le moment est venu pour nous de vous raconter la semaine 2 et la semaine 3 de notre stage.
C'est après avoir passé la semaine 1 dans le service de néonatalogie que nous avons entamé notre travail aux urgences du CHRR pour 5 jours au total.
Lundi 13 juin, nous débarquons donc dans le couloir sombre qui fait office de service pendant la rénovation des locaux de l'unité. Les soignants nous indiquent la salle de garde dans laquelle nous nous changeons entre une armoire et un lit à étage. Nous nous apercevons qu'elle fait également office de salle de soins et de bureau pour la Major. Elle nous rappelle les salles de néonatalogie par sa taille exigüe. La visite du service ne dure pas longtemps puisque ce dernier se résume à une salle d'hospitalisation comprenant 6 lits et au tri placé sous une cage d'escalier. 
A Antsirabe, lorsqu'un patient arrive aux urgences, il est accueilli au tri par les soignants qui effectuent les premiers soins d'urgence si nécessaire. Ensuite, il est redirigé selon la stabilité de son état et de sa pathologie. S'il ne rentre pas à domicile, il peut être hospitalisé soit dans un autre service de l'hôpital, soit aux urgences même. 

Le service de fortune, imposé par les travaux en cours dans les locaux d'origine, nous fait penser à un hôpital de guerre. Les lits sont rudimentaires, en bois ou en métal et ne permettent pas de manoeuvre comme redresser le dossier. Les matelas sont recouverts d'un drap vert militaire, il n'y a pas de table de nuit mais une chaise par garde malade. Aucune intimité n'est préservée car les lits sont rapprochés à moins de 2 mètres les uns des autres et aucun rideau ne les sépare. L'étroitesse de la pièce n'empêche pas les vas et viens incessants des médecins, infirmiers, stagiaires, familles, ...
La "salle" de tri se situe à l'entrée du bâtiment tout de suite sur la droite. Elle est délimitée du reste du couloir par un paravent et une table haute qui fait office de bureau. Deux brancards permettent le début de la prise en charge.
Se surajoutant à cet environnement un peu froid, la météo grise et humide nous laisse une impression particulière. Pour contraster avec cette ambiance un peu glauque, l'équipe soignante nous accueille chaleureusement en nous intégrant dans le service par des questions, des explications en français, des transmissions sur les patients et un intérêt pour notre présence. 

Nous n'avons passé que deux jours (et quelques heures) dans ces locaux. Effectivement, la journée de mercredi a dû être écourtée pour cause de maladie fulgurante et les deux journées suivantes ont été consacrées aux 110 ans du CHRR et au trajet pour Morondava (voir les articles correspondants).
A partir du lundi suivant, le 20 juin, les Urgences ont réintégré leurs quartiers pour le plus grand plaisir de toute l'équipe. 
C'est mardi 21 juin que nous avons fait notre come-back aux Urgences pour découvrir un service "tout neuf" comportant une salle de tri avec 3 box et une salle d'hospitalisation de 8 box. Les lieux sont lumineux et aérés, ils préservent l'intimité du patient,  lui offrent un meilleur confort et garantissent à l'équipe des espaces de travail délimités et organisés. Comble du mieux, il fait beau et le soleil nous réchauffe! 

Maintenant le décor posé, place au compte rendu réduit de nos nombreux apprentissages. Durant 5 jours, nos observations et les explications de nos différents collègues nous ont permis de découvrir un peu plus profondément comment fonctionne le système de santé malgache. L'absence d'assurance, la nécessité pour chaque soigné de payer la moindre petite compresse, le médecin ou les infirmières qui parfois payent des médicaments de leur poche pour leur patient, les examens paracliniques quelques fois essentiels à la pose du diagnostic mais irréalisables par manque d'argent, les politiques qui posent leurs priorités sur l'armée et sur la police plutôt que sur la santé et qui font beaucoup de promesses sans rien réaliser par la suite, ... 
Tout ceci force les médecins à développer un sens aigu de l'observation clinique que nous avons pu apprécier et questionner tout au long de ces 5 jours. En effet, puisque les moyens sont limités, les diagnostics sont souvent posés sur une base purement clinique. C'est un élément qui nous a beaucoup frappé et impressionné car c'est souvent sans la confirmation des examens complémentaires que les traitements sont débutés, ce qui est très rare en Suisse. 
Les urgences accueillant tout type de problème de santé rencontré à tout âge de la vie, notre stage dans ce service a été un bon moyen pour nous de nous rendre compte des pathologies les plus fréquemment rencontrées à Antsirabe. Grâce à l'équipe qui a répondu à nos questions et à notre immersion dans la culture, nous avons pu faire des liens entre les facteurs de risque, les moeurs, l'espérance de vie (55 ans à Madagascar !!!) et les soucis de santé rencontrés. 
Nous avons également eu la chance de nous familiariser avec leur organisation, bien différente de la nôtre. Les dossiers patient sont écrit uniquement à la main et rangés dans des fourres A3 (une fourre par box). La première consultation est transcrite sur une feuille A4 par le médecin qui remplit quelques données personnelles nécessaires à la prise en charge et qui répertorie son anamnèse et son examen physique ainsi que les CAT (Conduites A Tenir).  Les soignants écrivent leurs prises de contrôle et observations du jour dans un petit cahier propre à chaque patient hospitalisé. Les dossiers sont archivés grâce à une feuille de décalque qui transpose le texte sur une deuxième feuille. A la lecture de ses dossiers, nous avons pu nous rendre compte des différences de vocabulaire professionnel existant entre nos abréviations et les leurs ainsi que sur le choix des mots médicaux utilisés.

Ce stage aux urgences nous a aussi permis de pratiquer quelques soins techniques et de nous affirmer un peu plus dans notre positionnement professionnel, de travailler notre attitude relationnelle et communicationnelle et d'être dans la réflexivité permanente avec les soignants de l'équipe et au sein de notre binôme. 

En prenant un peu de recul, nous sommes capables de réaliser que le bouleversement que nous avons ressentis dans le service de néonatalogie nous a préparées à cette étape aux urgences. Nous avons bien sûr ressenti un choc à notre arrivée et avons plus d'une fois été confrontées à nos questionnements mais l'impact de la première vague de surprise était déjà passé.
Des sentiments variés ont à nouveau cohabité en nous durant ces 5 jours : impatience et patience, impuissance, relativisme, tolérance, perplexité, ...

Un passage court dans ce service mais tellement enrichissant et qui n'a pas fini de faire son voyage dans nos esprits, si vous voulez notre avis!
Prochaine étape pour la semaine 4 : une semaine de stage au centre médical Fandresena avec son lot de nouvelles expériences...


Service des urgences en rénovation


Service des urgences en rénovation
Nettoyage du service des urgences à l'occasion de la préparation de la fête des 110 ans du CHRR

Même les murs ont droit au nettoyage par les étudiants! 
Salle d'hospitalisation du nouveau service

Un box du nouveau service





vendredi 24 juin 2016

Semaine n°3 et ... 2 accouchements!

Mardi matin, alors que nous sommes parées pour attaquer une nouvelle semaine aux urgences, un imprévu vient bouleverser notre organisation. Vanessa nous annonce qu’une jeune femme de 31 ans est en travail et que l’accouchement est prévu dans la matinée au centre médical Fandresena. Ni une, ni deux, nous changeons nos plans, enfilons nos blouses et accourrons sur le palier du centre pour assister à ce moment magique. Nous faisons alors connaissance de la future maman que nous appellerons ici Marie (prénom d’emprunt) et de sa famille. Vanessa nous explique alors la prise en charge soignante qui accompagne tout accouchement et le matériel nécessaire. Nous préparons avec elle ce dont nous aurons besoin. Durant la matinée, nous suivons tout le processus du travail et les contrôles qui l’accompagnent. Mais au fur et à mesure du temps qui passe, nous comprenons que la nature ne permettra pas à Marie d’accoucher par voie basse et qu’une césarienne est ici nécessaire. La famille nous impressionne par son efficacité et son implication dans la prise en charge puisque c’est le grand-père qui se démène pour trouver un véhicule pour faire le trajet. C’est une nouvelle preuve pour nous de l’esprit communautaire et d’entraide des Malgaches. Avec l’accord de Vanessa, de Marie et de ses proches, nous choisissons de suivre la patiente pour l’opération césarienne. Nous partons alors avec eux dans une Jeep 4x4 conduite par on-ne-sait-toujours-pas-qui en direction du service de maternité du CHRR où la patiente est référée pour l’opération. Ce trajet, nous a plongé dans une ambiance de film d’action dont nos mains, broyées par la patiente à chaque contraction, se souviendront longtemps. Toutefois, cette accélération soudaine a vite été freinée par le Mora-Mora ambiant du service de maternité dans lequel nous débarquons en trombe. Quelques heures de patience plus tard, nous partons au bloc opératoire pour une expédition des plus étonnantes. Nos émotions prennent l’ascenseur et jonglent entre impatience, stress, rire, effarement, joie, surprise, … émerveillement …
Encore une fois, on en a pris plein les yeux, qui en retour ont versés quelques larmes ! Ah et au fait, Maman et bébé vont bien, nous aussi et cette journée irréelle se termine par un trajet en Tuck-Tuck aux alentours de 19h pour retrouver notre presque chez-nous !

Jeudi, en rentrant de notre journée en ville, pas le temps de poser nos affaires que l’aide-soignante du centre vient nous chercher pour assister à un nouvel accouchement. Même configuration, la jeune patiente de 20 ans est accompagnée de toute sa famille. La situation prend cette fois une tournure toute différente puisque le travail progresse vite et bien et que la nature a cette fois décidé que l’enfant allait naître par voie basse. Nous assistons avec émerveillement à nouveau à l’éclosion de la Vie et c’est cette fois à un petit garçon que nous souhaitons la bienvenue !
Ces deux expériences incroyables aurons alors marqué notre mi-stage de manière inoubliable !

To be continued… on l’espère avec d’autres accouchements !

En route pour le bloc op' pour la césarienne


Week-end à Morondava, jours 3 et 4

Ce matin, rencontre avec Monsieur Pierre qui nous emmène dans un petit débarcadère à quelques minutes à pied de notre hôtel. Là, nous embarquons sur deux pirogues avec nos affaires de plage ainsi que tout le matériel nécessaire à la confection d’un bon repas pour le midi. Après quelques coups de pagaie, la marée s’avère trop basse pour nous permettre de naviguer jusqu’au village que nous devons rejoindre. Nous finissons alors le trajet à pied sur des étendues de sable un peu boueux et piégeux, Caro a failli y laisser son pied et son équilibre une ou deux fois (« puisqu’elle était concentrée sur les photos qu’elle prenait » dit-elle) !!! En effet, nous sommes entourées d’un beau paysage avec le village de Betania au loin devant nous, des bateaux sur le sable ou amarrés et les villageois qui se promènent avec des paniers sur la tête ou des filets de pêcheur.
Arrivées à la plage, nous nous installons à l’ombre puis sautons dans nos maillots de bain pour courir nous jeter à l’eau. Nous profitons de l’océan pendant des heures en jouant dans les vagues ou en laissant celles-ci lécher nos pieds alors que nous apprécions l’immensité de cette endroit couchées sur le sable. La marée remontant petit-à-petit, nous nous retrouvons bientôt encerclées par l’eau sur une dune de sable digne d’un décor de Pirates des Caraïbes. Chasse aux coquillages, concours de saut dans l’eau et bronzette ont ponctué la journée.
A midi, nous avons eu la chance de déguster un merveilleux repas que Monsieur Pierre nous a mijoté toute la matinée a genoux dans le sable. Au menu : poisson du jour grillé, frites, riz et sauce tomate. Un vrai régal, des goûts fins et un sentiment privilégié !
C’est ensuite en traversant le village de Betania que nous avons rejoint nos pirogues pour une ballade sur une rivière-dont-on-ne-se-souvient-plus-du-nom. Nouveau joli spectacle puisque nous avons navigué entre des arbres immergés par la marée, maintenant haute. Nous nous sommes laissées bercer par cette douce fin d’après-midi et ce décor paisible.
Après une petite douche pour se débarrasser du sel, nous avons dégusté un cocktail sur des transats de l’hôtel face au coucher de soleil sur l’océan, encore une fois sublime. La journée s’est terminée par une soirée sympathique dans la joie et la bonne humeur au resto Chez Alain !

Lundi matin, après un bon petit déjeuner, nous avons repris la route direction Antsirabe pour retrouver un climat plus proche de notre bonne vieille Suisse au moins d’octobre !

En attendant la marée haute, il faut marcher!

Village de Betania

En pirogue